Sommes-nous tous des tags sur Youporn ?

The Pornification of Society sur le site 11&More

La pornosphère, en puisant aux logiques de l’indexation des connaissances mais en privilégiant celle des désirs, dépasse de loin les tentatives d’indexation des existences des leaders du web comme Google ou Facebook pour aller former ou plutôt déformer les pratiques et esprits en prenant position sur la façon dont se forment les désirs. Le contrôle des fantasmes et des corps paraît un territoire tout aussi important. Le dire et le voir produisent une nouvelle grammatisation des individus en prenant appui sur leur libido. Les hétérotopies pornosphériques aspirent à rassembler l’ensemble des désirs planétaires dans un nouveau Kâma-Sûtra guidant et constituant une nouvelle grammaire des désirs à laquelle l’individu est sommé quelque part de se reconnaitre. Dès lors, il peut se produire des courts-circuits (Stiegler, 2010) dans le souci de soi et dans le processus d’individuation :

« Cet art de soi-même n’insiste plus tellement sur les excès auxquels on peut se livrer et qu’il conviendrait de maîtriser pour exercer sa domination sur les autres ; il souligne de plus en plus la fragilité de l’individu à l’égard des maux divers que peut susciter l’activité sexuelle ; il souligne aussi la nécessité de soumettre celle-ci à une forme universelle par laquelle on se trouve lié et qui est fondée pour tous les humains à la fois en nature et en raison. (…) Ce n’est pas l’accentuation des formes d’interdit qui est à l’origine de ces modifications dans la morale sexuelle ; c’est le développement d’un art de l’existence qui gravite autour de la question du soi, de sa dépendance et de son indépendance, de sa forme universelle et du lien qu’il peut et doit établir aux autres, des procédures par lesquelles il exerce son contrôle sur lui-même et de la manière dont il peut établir la pleine souveraineté sur soi. » (Foucault, 1984, p. 315-316)

Olivier Le Deuff, « Les tubes de la pornosphère : des logiques documentaires entre information et déformation », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], 5 | 2014, mis en ligne le 21 juillet 2014, consulté le 19 juillet 2015. URL : http://rfsic.revues.org/1024

Aller plus loin ?

à Lire: Usages et usagers de l’information à l’ère numérique par Revue française des sciences de l’information et de la communication

Voilà, voilà,

F.B.

et pendant ce temps là sur Twitter…

 

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Corruptio optimi pessima

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Publié dans Dans les Revues

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